Écosse – Île de Skye (partie 1)

Le lendemain, nous traversons le petit pont qui relie Skye aux terres écossaises et nous ouvrons grands les yeux pour découvrir le plus tôt possible les merveilles que nous réserve cet endroit mythique. Pourtant, nos débuts sur l’île sont décevants : autour de nous, de multiples Bed & Breakfast jonchent la route. C’est à croire que les rares personnes qui ont élu domicile ici (et il y en a très peu, 10 000 habitants pour une superficie de 1656 km²) profitent du tourisme pour remplir un peu leurs poches, quitte à proposer des logements peu convenables, voire carrément insalubres. Il nous faut arriver dans le petit village d’Elgol, au sud de l’île, pour commencer à percevoir le vrai visage de Skye. Sous une brume enveloppante, nous nous imaginons le bonheur des enfants locaux, se rendant chaque matin dans leur petite école située en bord de mer, en tête-à-tête avec les magnifiques Cuillin Hills.

 

Nous partons ensuite vers Portree, la capitale de l’île. Si les photos de tous les guides touristiques nous laissent croire à une charmante ville portuaire, habillée de maisons multicolores, la réalité est tout autre : cette image de carte postale représente 1 % de la ville, qui n’est en fait pas bien différente de nos petites bourgades françaises… Nous passons donc notre chemin, pressés de retrouver un coin de nature digne de ce nom. Nous nous dirigeons vers le nord, pour entamer la fameuse randonnée de l’Old Man of Storr. Les touristes sont au rendez-vous, la brume ne nous a pas quittés et le sentier s’annonce raide et boueux. Pourtant, après quelques efforts, un bon nombre de pauses et un petit en-cas pour reprendre des forces, nous arrivons au sommet, accompagnés par un vent plutôt agressif. De là-haut, la vue est imprenable : le rocher de l’Old Man of Storr s’élève devant nous, l’océan occupe l’horizon en compagnie des îles de Rona et Raasay, tandis que quelques lochs dorment paisiblement, à flanc de colline.

Revigorés par le grand air, nous nous enfonçons toujours plus dans la péninsule de Trotternish, vers le nord, pour découvrir les falaises de Kilt Rock et les cascades Lealt et Mealt Falls. Si le coin attire de nombreux touristes, il n’en est pas moins apaisant et offre une vue panoramique sur l’océan. Accompagnés par les premières chaleurs du soleil (la température atteint les 20 degrés, une maximale en Écosse), nous prenons ensuite la route des Quiraing, puis redescendons vers le village d’Uig, pour pénétrer dans le sanctuaire très curieux, mais enchanteur, du Fairy Glen. Ce site verdoyant voit s’ériger en son sein de petits monticules de terre, tels des montagnes en version miniature, dans lesquels, selon la légende, habiteraient fées et lutins. Nous déambulons alors entre ces buttes mignonnettes et fabuleuses, escaladons leurs sommets que le vent laisse imperturbables et admirons les moutons qui flânent dans ce lieu lunaire, propice à l’étonnement et à l’évasion.

    

De retour à Uig après cette échappée au pays des fées, nous dînons face à des falaises impressionnantes, persuadés que notre journée bien remplie touche à sa fin. Pourtant, sur le chemin de notre logement pour la nuit, situé dans le paisible village de Connista, nous découvrons que nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Sur la pointe la plus au nord de l’île, le cadre est parfait : l’herbe verte recouvre enfin les étendues qui s’offrent à notre regard, la roche marque la séparation entre terre et mer, l’eau est plus tranquille que jamais et les maisons esseulées se préparent à passer une douce nuit, dans un lieu où rien ne semble pouvoir les atteindre, à part le calme et la félicité. Les voici donc, nos paysages de carte postale, ces grands absents des livres de voyage qui feront finalement partie des moments les plus marquants et les plus agréables de notre grande aventure.

  

À force de contemplation, nous nous laissons surprendre par un coucher de soleil sur l’océan. Le ciel est dégagé, la température n’a pas baissé, les environs sont quasiment déserts – seuls un photographe et quelques couples sont venus nous tenir compagnie – : toutes les conditions sont réunies pour profiter de ce spectacle inattendu. Face à nous, l’Étoile du soir descend peu à peu rejoindre les montagnes, éclairant de ses rayons la vaste étendue aquatique qu’elle a choisie comme couche nocturne. L’horizon se nappe de couleurs orangées, tandis que la sphère lumineuse disparaît totalement, laissant orphelins les eaux et les cieux qu’elle irradiait, ainsi que les spectateurs qui admiraient sa magnificence dorée. La ouate rose des nuages nous accompagne jusqu’à notre chambre, et fait persister en nous cette certitude que nous venons d’assister à un rare cadeau offert par Mère Nature.

    

Les pupilles encore emplies de ces doux éclats, nous fermons enfin les yeux, épuisés par cette journée forte en images et en émotions. Notre imaginaire en demande pourtant encore : à peine endormis, nous rêvons déjà aux merveilles que nous venons d’expérimenter, mais aussi à celles qui nous restent à découvrir, sur l’île de Skye et ailleurs, dans les jours qui nous rapprochent de la fin de notre voyage…


Le soleil ne se lève que pour celui qui va à sa rencontre.

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