Écosse – Bealach Na Bà & Applecross

Après notre arrêt plus qu’enchanteur dans les alentours de Big Sand, nous partons, sur les conseils de nos hôtes, vers la péninsule d’Applecross et la fameuse route de Bealach Na Bà, connue pour son étroitesse, ses virages en épingle et ses pentes à plus de 25 %. Le cœur bien accroché mais la curiosité fortement attisée, nous entamons ce périple qui nous promet des moments d’émerveillement inattendus, quelques sueurs froides et de nombreux frissons de peur et de plaisir. Dès le début de cette route très appréciée des Écossais qui, selon eux, n’est pas pire que nos chemins de montagne français (notamment ceux des Alpes), nous nous confrontons à des montagnes terrifiantes. À leur pied, nous retenons notre souffle, sachant déjà que nous devrons affronter la montée  de ces géants de roche.

 

Un peu plus loin, nous nous arrêtons pour manger, l’estomac toujours noué, pensant avec angoisse à la suite de nos aventures. Fort heureusement, nous croisons quelques minutes plus tard, et pour la première fois de notre voyage, les très célèbres vaches des Highlands. Les poils dans les yeux, leurs cornes en forme de boomerang, ces merveilles bovines, posées là au bord de la route, sans barrière ni grillage, sont imperturbables, mais tout de même impressionnantes. Si nous pouvons nous approcher de très près, nous ne nous attardons pas aux côtés de ces animaux majestueux, de peur de déranger leur quiétude ou de réveiller leur côté sauvage – et surtout de recevoir un coup de corne sur notre voiture de location ! Nous quittons ces vaches mythiques, un peu plus détendus par leur sérénité communicative.

 

En poursuivant notre route, nous ne nous attendions pas à tomber sur un lieu plus apaisant encore. Au milieu de nulle part, subitement, apparaît sous nos yeux une immense plage de sable rose, parsemée de cailloux d’un noir volcanique, de rares petits coquillages et de grandes stries qui lui confèrent un aspect marbré. Contrairement à de nombreuses plages françaises, celle-ci présente l’avantage d’être totalement déserte. Ici, pas de touristes en maillot de bain ni de parasols estivaux, seulement le bruit de la marée qui descend lentement, les nuances menaçantes du ciel venteux et grisonnant et l’île de Raasay, sombre et lointaine, qui nous regarde de l’autre côté du rivage. Ce petit coin de paradis nous ravit et, l’espace d’un instant, nous fait oublier les difficultés de la route qui nous attend.

    

Mais très vite, l’adrénaline revient parcourir nos veines. La véritable ascension commence, et l’incertitude nous saisit. Nous ne laissons pas pour autant la panique nous envahir, et nous gardons les yeux grands ouverts, d’abord pour rester vigilants face aux dangers de la route – les nombreux automobilistes que nous croisons dans notre montée, les virages au-dessus du vide, en plus de la pluie qui commence à tomber -, mais aussi pour admirer les splendeurs que nous offre cette route qui flirte avec les hauteurs. Lorsque nous arrivons enfin au sommet, à moitié soulagés, le paysage, quoiqu’un peu voilé, nous récompense largement de nos émotions. Plus de 600 mètres au-dessus du niveau de la mer, nous admirons cette vue peu commune, aux jeux d’ombres et de couleurs saisissants.

  

Nous redescendons alors le col de la montagne, éblouis par notre découverte et un peu mouillés par la pluie, mais les choses se corsent. La fameuse pente à 25 % se présente désormais devant nous ! Nous redoublons d’attention, toujours entourés par des massifs bruts et dominants, et nous abordons cette descente tranquillement, sans nous presser, sans oublier de remercier les chauffeurs que nous croisons pour nous avoir laissé passer et avec une bonne dose d’admiration pour les quelques cyclistes courageux qui ont décidé de s’attaquer à cette monstrueuse côte. Une fois en bas, le paysage est toujours aussi beau : arrêtés sur une des nombreuses passing places, qui rendent le voyage beaucoup plus aisé qu’il n’y paraît, nous profitons une dernière fois de la vue, bien heureux d’avoir fini cette journée en un seul morceau, la tête remplie d’images difficilement oubliables.

    

Remis de l’effervescence de cette route intimidante mais sublime, nous arrivons dans le petit village de Kyle of Lochalsh pour passer la nuit. L’endroit est assez disgracieux, peu accueillant et rempli de chambres d’hôtes pour les touristes souhaitant se rendre sur l’Île de Skye. Loin de regretter notre périlleuse excursion mais épuisés, nous prenons notre mal en patience dans un quartier résidentiel sans charme, dans l’attente de partir découvrir les beautés que nous réserve la farouche Skye…


La peur est une brume de sensations.

Publicités

4 réflexions sur “Écosse – Bealach Na Bà & Applecross

    1. J’aimerais aussi beaucoup visiter l’Irlande… bientôt j’espère ! L’Écosse est sublime en tout cas, dès qu’on s’éloigne un peu de la civilisation. Il faut y aller, vous ne serez pas déçus !

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s